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Association des Ancelin Asselin et Asseline de France
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Ascelin, évêque de Laon (article paru dans le Fil d'Ariane n°9)

Je vous présente aujourd'hui un autre de nos homonymes que l'histoire n'a pas retenu pour ses grandes qualités.

Ces renseignements sont tirés d'une part du livre "Le pape de l'an mil" de Dimitri Davidenko et d'autre part d'informations transmises par un adhérent, d'après le livre "Hugues Capet (les rois qui ont fait la France)" de Georges Bordonove.
A cette époque du moyen-âge où l'usage d'un nom de famille héréditaire n'existait pas, ce personnage s'appelait ADALBERON, dit ASCELIN.
Issu d'une grande famille lorraine, il obtint du roi Lothaire (né en 941, avant dernier carolingien, qui régna de 954 à 986) le siège d'évêque de Laon.

arbre

Il fut bientôt accusé par la rumeur d'être l'amant de la reine Emma (femme de Lothaire et fille de Lothaire II roi d'Italie), qui séjournait à Laon. La rumeur n'avait certainement pas tort puisque lorsque la reine fut obligée de retourner à Paris, il la suivit.

Des gens à la solde du duc et comte Hugues Capet ayant épié les amants témoignèrent sous serment auprès de Gerbert (futur pape sous le nom de Sylvestre II de 999 à 1003, personnage obscur mais extrêmement influent de l'époque).
Celui-ci disposait alors d'un moyen de pression sur la reine qui pouvait à son tour influencer la politique du roi. Il s'en servit par exemple pour obtenir la paix entre Lothaire et son cousin Otton II roi de Germanie qui lui avait ravi la Lorraine. (ce qui n'empêcha pas Otton II de faire alliance l'année suivante avec Hugues Capet, ennemi juré de Lothaire).

En 986, Lothaire mourut. La rumeur (encore elle) accusa Emma et Ascelin de l'avoir empoisonné... Ce dernier en profita pour regagner son évêché avec sa maîtresse. Louis V, fils de Lothaire prit sa place sur le trône de France mais mourut un an plus tard sans descendant. Hugues Capet fut désigné pour le remplacer à la place de Charles de Cambrai, frère de Lothaire, jugé indigne du trône.
Charles partit alors en guerre contre le royaume et prit la ville de Laon, faisant prisonniers Ascelin et Emma. Son neveu Arnoul (fils de Lothaire et d'une concubine, fraîchement nommé archevêque de Reims) s'empressa de livrer la ville à Charles.

Gerbert fit alors évader Ascelin de Laon puis l'incita à entrer dans les bonnes grâces de Charles et Arnoul, ce qui lui valut de retrouver son siège épiscopal et sa chère Emma. Il en profita pour livrer ses deux nouveaux alliés aux agents de Gerbert. Tout allait pour le mieux, Laon et Reims réintégrèrent le giron du royaume, Gerbert prit la place d'Arnoul sur le siège d'archevêque de Reims.

Ascelin entreprit alors de se rapprocher de Odon de Chartres et Héribert du Vermandois, anciens alliés de Charles de Cambrai, pour les amener à faire alliance avec Conan de Bretagne, alors en guerre contre les Normands, alliés d'Hugues Capet. Il comptait par ce biais ramener sur le trône de France Louis, le fils de Charles de Cambrai et ambitionnait pour lui-même la papauté.

Gerbert envoya à Ascelin un faux émissaire du roi de Germanie Otton III (fils d'Otton II) lui proposant de lui livrer Louis qui, entre ses mains constituerait une menace beaucoup plus sérieuse face à Hugues Capet, son concurrent pour le trône ayant alors un allié de poids. Le faux émissaire proposait de plus un siège d'archevêque à Ascelin. Convaincu, ce dernier signa un pacte avec ce pseudo-allié qui fut aussitôt remis à Gerbert. Celui-ci en fit part à Hugues Capet en prétendant l'avoir intercepté.

Hugues Capet somma Ascelin de lui remettre Louis. Ascelin, s'attendant à voir Otton arriver à son secours fit la sourde oreille. Le roi s'empara d'Ascelin et l'accusa de trahison pour avoir refusé de se soumettre à son roi.

C'est ainsi que s'acheva la carrière d'Ascelin. Ce qu'il devint ensuite n'est pas rapporté. On sait seulement qu'il est mort en 1031.
Ces revirements et ses intrigues lui valurent le surnom de "Vetulus Traditor" (le vieux traître).

Le moyen-âge ne connaissait pas plus l'usage de la veste que celui du patronyme. C'est heureux car celle de ce triste sire eut été dans un triste état après avoir été tant retournée !

         Pascal Asselin.